Roqya: DJINN SIHR MAJNOUN

 

Djinn image 1 Djinn : êtres surnaturels susceptibles de s'emparer du corps et du fonctionnement  psychique d’une personne afin d'obtenir une compensation de la part des humains :  une offrande, un sacrifice, un autel

 Djinn – est un mot arabe provenant d’une racine prolifique

 

La matrice, janna , évoque l’idée d’obscurité, de voile, surtout de dissimulation. Djinn désigne avant toute chose un "être invisible"

 Le pluriel, jenoun ou jnoun a donné junan ou jenanqui signifie "la folie" – car être pris, capturé par un être invisible implique l’aliénation de la personne

Majnoun signifie être sous l’emprise d’un djinn – donc, littéralement : "endjinné" – mot généralement utilisé pour désigner la folie

Cependant, cette même racine a produit d’autres mots permettant de faire ressortir vivement la polysémie intrinsèque du terme 

janin , "le fœtus", sans doute du fait qu’il est toujours caché – ou peut-être le long d’une sorte de métaphore : le djinn caché dans la nuit comme un fœtus dans la matrice…

jénéna , "le jardin" ;

jennat , "le paradis" ;

janan , "le cadavre, le tombeau".

En arabe courant, pour dire fou, on utilise le mot majnoun. Cependant, on peut presque indiféremment dire:

majnoun : "pris par un djinn", "endjinné"

madroub : "frappé" [par un djinn]),

markoub : "monté" [par un djinn]),

maskoun : "habité" [par un djinn]),

mamlouk : "possédé" – au sens où l'on "possède", l'on est "propriétaire" d'un terrain ou d'un appartement – [par un djinn]),

masloukh : "frotté jusqu'au sang" [par un djinn]),

malbouss "porté" [par un djinn] – comme on enfile un vêtement), etc

La richesse du vocabulaire décrivant la relation entre les esprits et les humains suffirait à démontrer combien cette interprétation est investie par la culture maghrébine. En tout état de cause, l'attaque par le djinn n'est pas un événement simple et bénéficie dans le vocabulaire et dans les pratiques culturelles d'un surinvestissement de significations parfois contradictoires. Quoiqu'ils vivent dans "le monde de l'envers" – la nuit, le désert, la forêt, la brousse, les ordures, les ruines, les canalisations d'égout, le sang des animaux – les jnoun sont à l'image des humains: il en existe des mâles et des femelles; ils se reproduisent de manière sexuelle. Tout commes les humains, ils peuvent avoir une religion. Les jnoun musulmans sont les moins dangereux parce qu'on peut facilement "négocier" avec eux en invoquant le nom d'Allah. Les Chrétiens sont plus difficiles, mais moins que les Juifs qui sont quasiment irrécupérables. Quant aux jnoun païens (kafrin), ce sont les plus craints, car totalement inaccessibles aux "arguments" des humains et les plus violents de tous. Le diagnostic d'existence d'un djinn "kafar" (païen) signale une grave inquiétude pour la vie du malade.

Les djinns sont donc des êtres invisibles dont l’existence est largement admise y compris par le prophète'alayhi salât wa salam, qui tente même de les convertir. En vérité, si l’on analyse le phénomène d’un point de vue historique et culturel, les djinns sont un terme générique désignant sans doute les divinités des populations soumises à l’Islam avant leur conversion (un peu comme le diable désignait l’ensemble des pratiques païennes des populations christianisées). Il n’en demeure pas moins que plus de douze siècles plus tard, les djinns sont tout aussi présents dans les pays du Maghreb. Ils servent de matrice d’interprétation aux négativités de l’existence. Ils constituent également l’âme des procédures thérapeutiques "traditionnelles". La maladie est très souvent interprétée comme la conséquence de l’action de cet invisible, le djinn , et traitée selon cette logique. Les méthodes de traitement sont innombrables.

Cependant quelques grands principes peuvent être distingués :

Dans les thérapies coraniques, l’on ne peut en aucune manière négocier avec le djinn . Il s’agit dans tous les cas de le chasser. Le thérapeute (cheikh , fkih , taleb ) prie, appelle Dieu contre l’être invisible, l’impressionne, le menace, le bat, afin d’obtenir son départ.

Lorsque l'on dit "fou" en arabe – que l'on utilise Majnoun , "endjinné", markoub , "monté",madroub , "frappé", maskoun , "habité", mamlouk , "possédé", masloukh , "écorché", etc…, c'est tout l'univers des interprétations, des actes, des objets, des pratiques, qui se profile derrière le mot utilisé.

Ce mot,  du fait de ses parentés, établit des ponts sémantiques avec des notions comme "fœtus", "mort", "cadavre", "paradis", "jardin" qu'il ne possède évidemment pas dans d'autres langues.

De plus, tous ces mots véhiculent des nuances, des précisions, des localisations géographiques, des appartenances…

Zar : En Egypte et au Soudan, bien qu’on le comprenne, on n’utilise presque jamais le motdjinn , mais plutôt ‘afritt ou zar – le afritt se distinguant du djinn par sa localisation. Il ne s’agit pas, comme le djinn , d’un être des jardins, mais d'un être aquatique puisqu'il se cache de préférence dans les tourbillons du Nil. Il est sans doute constitué du limon, d’où son nom, sans doute parent de ‘affar , "poussière".

Quant au mot zar , en arabe, en amharique, en hébreu, les trois langues sémitiques apparentées encore en usage de nos jours, il s'inscrit toujours dans une chaîne de sens autour de "l’étranger" ou du "visiteur". Il n'est donc pas indifférent d'utiliser les mots de la série djinn et les mots de la série zar – puisque, dans chaque cas, un univers spécifique se déploiera à l'arrière-plan.

S´hur Une personne peut être atteinte par un s´hur dans sa chair et dans sa capacité à penser – et cela du fait d'un acte de malveillance perpétré contre elle ; soit qu'un jaloux ou un envieux ait lui même fabriqué l'objet magique – le s´hur – destiné à le détruire, soit qu'il ait fait appel à un "spécialiste", un sa’har , un "sorcier", dans ce but

 

Souvent, l'existence de ces objets est seulement supputée, quelquefois ils existent réellement, sont retrouvés et présentés au thérapeute qui sait les "défaire", en annuler l'effet. Les symptômes d'une telle atteinte peuvent aller des sentiments d'apathie et de faiblesse jusqu'à de véritables crises de folie.

Ainsi, le s´hur désigne-t-il à la fois l'action de sorcellerie et l'objet par l'entremise duquel le "sorcier" parvient à ses fins. Cet objet est déposé dans un endroit déterminé : sur le seuil de la maison de la victime, dissimulé sous son lit, enseveli sous le chemin qu'il empruntera nécessairement, enterré dans un cimetière, accroché à un arbre dans un endroit désert, sur la montagne, utilisé en fumigations ou mêlé à la nourriture.

Dans tous ces cas, le s´hur possède un certain nombre de caractéristiques: il s'agit d'un objet manufacturé et composite – comme les plats cuisinés ou les objets d'industrie mais dont on ne peut immédiatement percevoir la fonction. Quoiqu’il en soit, son "efficacité", attestée par un nombre infini de témoignages, est incontestable.

Fin de citation

 

Signature 2

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Commentaires (2)

hounouh
  • 1. hounouh | Mer 10 juil 2019
asalam a tous. merci infinivement sonitaya tu ma vraiment aidé avec le contact de sabrina. elle a résoulu mon probleme. que dieu te récompense.... barak ofikoum
sonitaya
  • 2. sonitaya | Mar 09 juil 2019
salam aleykoum mes freres et soeurs.
a la fin jai eu le contact email de sabrina. jai tellement eu des problemes dans ma vie concernant le shour blocage et la sorcellérie. grace a sabrina. tous mes problemes ont été résoulu. si vous avez besoin de son contact.

veiller m écris sur cette address email: soniatamouina@yahoo.com

je vous donnerais ses coordonnees.... BarakAllah ofikom.

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